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mercredi 23 mai 2012

Valse avec la palme

Pflanzenöl !
La palme voyage encore. Il y a 2 semaines j’ai dû apprendre le mot « Pflanzenöl » ou « huile végétale » en allemand. En effet j’ai passé quelques jours à Vienne dans le cadre de ma thèse. Même si connaître sur le bout des doigt les dérivés de palme est utile, se dressent deux obstacles : la vie en communauté pendant 6 jours et la langue ! Alors à la question ai-je mangé de la palme cette semaine, je ne peux que répondre : sûrement. Mais pour cela il nous faut faire un petit retour en arrière.

Déjà le voyage se fit en voiture (à 13 pour 2 masters), donc niveau agrocarburant c’est râpé. D’un point de vue pratique et économique le choix était restreint. Lors de notre arrêt en cours de route, le choix du repas fut assez facile car il y avait un self me permettant de prendre une salade légère et sans huile de palme sans trop de doutes. Le plus difficile fut donc les repas à Vienne. Il y eut deux fois où le repas fut sans doute palmé. A chaque fois pour goûter à la culture locale !
Friand de « culture locale brute » j’ai fait un lobbying intense pour trouver un petit restaurant dans les rares ruelles de Vienne. Après quelques échecs vacillant entre des troquets trop pleins et d’autres trop chics qui auraient coulé les reliquats de la recherche française, nous sommes entrés dans le « strabl's biberstub'n». Schnitzels à 9 €, 3 tables et quelques personnes, le rêve du bobo en quête d’authenticité. De plus la carte était composée d’une dizaine de plats, un gage de qualité digne des étoiles du Michelin. Bien mal nous en a pris. Le petit troquet enfumé avec ses 4 à 5 piliers de comptoir, et dont on ne trouve pas de trace sur internet, est tenu par un « chef » emblématique et sympathique. Mais son physique aurait dû nous donner des indices sur les apports caloriques qui nous attendaient. Nous ne pouvons plus faire demi-tour, faits comme des rats. Nous voilà assis à une table et nous demandons des schnitzels (escalope de veau pannée) avec des bières. Ben oui. « Arch, francèèèè, Nikola Sarkossy, Marine Lepén ! » nous réponds le patron. Nous sommes évidement fiers de représenter ces deux figures de la politique nationale (!). Arrivent la bière et quelques piliers et nous nous demandons ou nous sommes tombés.
En attendant nous sommes interloqués par une affiche de Dieter Thomas Khun dont le physique est très proche de celui de notre chef. Un cuisinier avec des gènes de musicien? Certainement, car en passant avec deux paquets sortant vraisemblablement du réfrigérateur, il chante le refrain célèbre « che fa et che fien, entre tes reins ». Quand il arrive avec l’alcool bibliologique et agricole local qu’est le Jaëgermaster, nous trinquons. « prost ». Après cette belle surprise nous lui demandons si c'est bien lui la personnes de l’affiche. « Nein mein bruder (mon frère) », et pour nous le démontrer il écarte l’encolure de son t-shirt pour nous montrer ses poils au torse. Pas de doute il y a bien un lien de famille. En espérant que les poils ne se retrouvent pas dans les poêles.
A l’arrivée du « repas », fait avec amour et bourré de produits sains nous essayons de décrypter l’origine des aliments. Du calamar de Vienne : une saucisse au fromage coupée dans la longueur à son extrémité et cuite (dans de l’huile ?). Le tout accompagné quand même de nos escalopes et de frites pas grasses ainsi que de légumes frais du jours (sic). En plus nous avons des beignets de fromage. Un nutritionniste serait mort. Le tout était tellement léger que nous en laisserons un peu. Fiers de notre plat et de l’ambiance cossue, nous posons avec le chefs qui ne se retiendra pas d’embrasser (sur la tête) une nos comparses. Elle en rêve encore.
Un plat léger
Le poulpe de Vienne
Il reste un peu d'huile...
Au son des chalalala, chalalala de notre chef du soir nous décernons aux frites le bénéfice du doute car elles sont de moins en moins frites dans de l’huile de palme dans les restaurants. Il en va de même pour les légumes surgelés. Au son des « aïe lofe you, che tème », je dirais que je suis plus fataliste concernant le jugement des schnitzels. Certainement bien industriels, il y a de fortes chances qu’ils soient bien palmés. Malheureusement ils étaient préparés et le premier geste écologique est de ne pas jeter… Nous terminons avec une note bien plus salée que prévu sous les « mone amoureuh ! ».
 
La seconde fois fut pour un apfel strudel. A base de pâte feuilletée ou de feuille de brique, il y a un risque fort d’avoir de la palme… Le goulash juste avant me paraissait louche aussi.

Ne pas manger de palme à la maison, c’est très facile, dehors c’est bien plus difficile. Pour les sorties en communauté, le choix de plats sans sauces ou sans fritures était de mise quand cela était possible. Au final, je n’ai pas dû m’en sortir trop mal sur une semaine, 2 repas auront été douteux.

palmés...
Les chocolats de Vienne...

La ville, côté baroque

Sans commentaires
Les moustaches de légende !
Repas maison : pâtes, fenouil/orange, concombre, steak de légume et champignons
Les sauterelles ne sont pas palmées
Faune locale

Volume de la biosphère si la terre avait le volume de la pièce
Consommation moyenne d'un citoyen européen en une vie ...
Vénus de Willendorf : 25 000 ans !
Quel orang-outang est en voie de disparition ?
Notre "patrimoine" culinaire s'exporte !
Tout comme notre langue

Bonus vidéo, chalalala


9 commentaires:

  1. J'arrive pas a croire que tu as osé mettre chalala sur ton blog si sérieux... Tu veux vraiment que tout le monde fasse des cauchemars à base de Dieter et de palme ! :))

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  2. Aujourd'hui j'ai vraiment apprécié votre article!Depuis quelque temps je trouvais que cela manquait de sérieux.Vous y avez enfin remédié!Je l'ai lu jusqu'à la fin!

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  3. J'ai bien rigolé sur l'anecdote du resto et sur la vidéo... J'espère que le clip est au second degré mdr. Dommage que je ne parle pas allemand.

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  4. Un dimanche matin, deux chocs :
    – je découvre ce blog (très intéressant, car je suis personnellement très inquiet de cette omniprésence de l'huile de palme dans l'industrie, non seulement pour des raisons environnementales, mais aussi parce que cette huile est une vraie saloperie pour la santé humaine) ;
    – et je découvre Dieter Thomas Kuhn, qui me laisse penser que non, le modèle allemand n'est pas bon pour la France !

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    1. J'essaie de faire passer cette ode à l'amour comme hymne du labo. Mais c'est difficile.

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  5. Bonjour

    Bel exemple d'informations

    Merci

    Cordialement

    Fabrice

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  6. un thésard scientifique qui écrit avec style et sans fautes d'aurtauhgraffe , je rêve !
    trêve de plaisanterie , chapeau bas , blog super et complet ; j'espère qu'il continuera après juillet !
    thierry

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    1. Mes articles passent par l'œil omniscient de ma petite femme ! Oui, après juillet je pense encore avoir des choses à dire.

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Merci de commenter l’article ci-dessus, et donc, après l'avoir lu.