Les Penan sont des chasseurs-cueilleurs qui vivent dans les forêts du Sarawak (partie malaisienne de l'île de Bornéo). Ils font face aux compagnies minières et forestières, et donc aussi en première ligne face aux plantations de palmiers à huile...
Le 13 mai 2012, le journal malaisien « Metro Ahad » sort un article « Ibuku isteriku, bapaku suamiku », ce qui signifie : « Ma mère est ma femme, mon père est mon mari ». L’article choc parle des Penans : « Un groupe de Penans dans un village pratique encore le mariage entre membres de la famille », « 10 couples mariés incestueux », « on estime que la plupart des adolescents et des enfants n'ont pas de carte d'identité car ils ne sont généralement pas enregistrés à cause de ces mariages », « Pour les petites communautés locales nomades, beaucoup choisissent l’option de trouver un partenaire de vie au sein de la communauté ».
Le 13 mai 2012, le journal malaisien « Metro Ahad » sort un article « Ibuku isteriku, bapaku suamiku », ce qui signifie : « Ma mère est ma femme, mon père est mon mari ». L’article choc parle des Penans : « Un groupe de Penans dans un village pratique encore le mariage entre membres de la famille », « 10 couples mariés incestueux », « on estime que la plupart des adolescents et des enfants n'ont pas de carte d'identité car ils ne sont généralement pas enregistrés à cause de ces mariages », « Pour les petites communautés locales nomades, beaucoup choisissent l’option de trouver un partenaire de vie au sein de la communauté ».
Le journal malasien The star rapporte [1]
que l’article a été très controversé par les leaders communautaires mais aussi
par les politiciens malais et les lecteurs du journal. Le journaliste a déformé
volontairement les propos d’un responsable Penan. Le chef de la communauté
Penan Datuk Hasan Sui Temenggong indique : « En fait, l'un des
reporters m'a appelé et m'a décrit un cas d’inceste. Je lui ai précisé que
cette pratique n'est pas tolérée dans notre communauté, elle va à l’encontre de
notre loi, nos coutumes ». Cette pratique est clairement condamnée par le
Conseil des coutumes et traditions du Sarawak.
Le leader indique que « Si un père viole sa fille, c'est un crime.
Toute personne qui a commis un tel acte ignoble - qu'elle soit Penanne, malaise ou Chinoise - doit être punie. Pourquoi stigmatiser les Penans ? ».
Le journaliste fit d’un cas unique une généralité prouvée… Le
député Denis Ngau, qui connaît bien la communauté penanne qu'il visite régulièrement, assure que ces
allégations sont fausses. Il indique,
pour appuyer ses dires, avoir trouvé bon nombre de fautes dans l’article :
lieux soi-disant visités qui ne l’ont pas été, photos mentionnant un endroit
non existant, etc.
Le journal a été forcé de s’excuser par la
suite : « Nous nous excusons sincèrement auprès des personnes de Sarawak, en particulier les Penans, qui
ont été offensées et humiliées suite à la publication de l'article ». Le
journal précise qu’il y a eu des « erreurs » et des «
malentendus » .
En fait, d’après l’ONG Survival, la liste d’articles
nauséabonds est longue. Un autre scandale récent est rapporté par l’ONG [2] : le Borneo Post du 8 mai 2012 fait dire à un leader Penan que les ONG qui
les ont « aidés » jusqu’à présent n’ont jamais cherché à les aider
réellement, et qu'ils sont tout à fait d’accord que l’on exploite leur
forêt. « Nous en avons assez de tous leurs histoire de défense des droits
humains. Tous ça ce ne sont que des promesses vides qui entravent notre
communauté » [3]. Là
encore, mensonges et manipulation. Le 10 mai, BRIMAS [4] (Borneo Resources Institute) publie un article qui donne la parole au laeder Penan :
« Tout ce que j'ai dit, c'est que les Penans sont encore à la traîne par
rapport aux autres communautés, mais nous ne sommes pas contre le développement
et nous sommes prêts à travailler avec quelqu'un qui est prêt à aider notre
communauté, que ce soit le gouvernement ou les ONG ». « Je suis très déçu par le journaliste (…) qui a
mis de manière irresponsable et contraire à l’éthique des mots dans ma bouche
et déformé ce que j'avais dit durant la réunion ».
Après ça il est facile
de « trouver » plein de gens qui veulent le
« progrès ». Progrès au profit de certains, car oui j’oubliais, le Borneo Post est détenu par KTS,
une compagnie forestière…
Bien entendu j’entends les voix « ne leur refusons pas
le progrès », « n’ont-ils pas le droit de se développer ? Regardez
donc comme ils vivent ». Je suis entièrement d’accord avec ça. Oui. A la
condition qu’on leur laisse le choix : l'autodetermination "Les peuples autochtones ont le droit à l’autodétermination. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel."...
Les Penans et les
milliers de peuples des forêts ne sont pas des animaux.
Ils possèdent une humanité, bien supérieure à la notre.
Ils possèdent une humanité, bien supérieure à la notre.
[4] 8/05/12 Mark Bujang
Directeur exécutif, BRIMAS 10/05/12 http://www.barubian.net/2012/05/penan-headman-demands-borneo-posts-full.html
- http://www.dailymotion.com/video/x7o8wg_documentaire-les-derniers-nomades-b_news
- http://penan.wordpress.com/
- http://www.bbc.co.uk/tribe/tribes/penan/index.shtml
- Forest Peoples Programme 2012. FOREST PEOPLES: Numbers across the world. Disponible en ligne : http://www.forestpeoples.org/fr/topics/gouvernance-environnementale/publication/2012/fpp-bulletin-d-information-avril-2012-pdf-versi
- http://vivresanshuiledepalme.blogspot.fr/2012/03/la-foret-et-les-hommes.html
La conclusion de l'article me laisse pantoise. S'ils ne sont pas des animaux, que sont-ils ? Des plantes ?
RépondreSupprimerPourquoi faudrait-il "avoir une humanité" (je me demande bien ce que cela signifie d'ailleurs) pour avoir le droit à l'auto-détermination ? Les animaux non-humains ont aussi une volonté, une sensibilité, la capacité de faire des choix, etc.
Chèr(e)Usagi, ici il ne s'agit pas de faire un concours entre les espèces. L'important est dans la situation des penans décrite plus haut, sujet de l'article. Si en lisant entre les lignes je comprends bien que vous êtes antispéciste, cela devrait vous conforter dans l'illogique de ceux qui ne le sont apparemment pas.
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