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jeudi 4 octobre 2012

Vivre sans huile de palme ça prend du temps

Non. Une étude scientifique très sérieuse le prouve ! Moins de 10 minutes pour la confection d'un repas en moyenne et 1 heure de courses pour la semaine.

Je pense que c’est l’une des excuses les plus souvent émise quand on parle de vie sans huile de palme, ou plus généralement de consommation « attentive » :

On-n’a-pas-le-temps !

Il faut des heures à certains pour faire les courses, et encore pour d’autres des heures pour se faire à manger ! En fait c’est surtout un défossage en règle pour dire que l’on n’a pas envie. Flemmardise que je concède bien volontiers.

J’ai consacré deux articles à montrer que ma consommation n’est pas plus chère qu’une autre et que l’on peut très bien faire ses courses en hard discount sans consommer d'huile de palme. Mais le temps, c’est de l’argent. Faire attention à sa consommation doit nécessairement prendre un temps énorme : oui il faut réfléchir ! En fait ce n’est pas du tout le cas. C’est une question d’organisation. 

Pour « supprimer » l’huile de palme de ses produits, ou tout simplement changer sa consommation, il ne faut pas tout faire d’un coup. D’ailleurs on ajoute souvent au fur et à mesure de nouvelles exigences. Il faut d’abord regarder chez soi ses produits, se renseigner un peu si besoin, et courses après courses changer les produits incriminés. Tester. Au final on reprend de nouvelles habitudes et on consomme comme avant : ce produit je le connais, je le prends. Ben oui c’est aussi facile que ça. On prend un peu de temps au début, mais une fois lancé on reprend très vite sa vitesse de croisière. Je donnais quelques méthodes ici.

Il n’est pas forcément facile de comptabiliser son temps de courses : caisse, trajet, temps dans les rayons. Ils sont ici détaillés, sans compter les « interactions sociales » impromptues bien entendu. Le système de paniers nous permet de faire moins souvent les courses en supermarchés. 

Une étude a montré que, du trajet au passage en caisse, les clients d’hypermarchés prennent 1h57 pour leurs courses alimentaires, 1h28 pour les supermarchés, 50 minutes pour les supérettes et 1h06 en hard-discount[1]

Pour moi :

Temps de préparation d'un repas (pour 2)
7'45  
Temps moyen de course pour 1 semaine complète de repas avec trajets (14)
56 minutes

Si je devais faire mes courses en supermarché entièrement, le temps que j’y consacrerais ne serait pas plus important que la moyenne. Retourner un paquet inconnu et chercher un ingrédient particulier dans la liste, c’est vraiment facile et rapide. Quand j’ai fait mes courses au Lidl pour un article sur le sujet j’avais passé moins d’une heure dans le magasin, et ce, sans connaitre les produits. Mais si un jour de dois faire 100% de mes courses en supermarché, promis je refais un article.

Certains attendent toute une nuit dehors pour acheter un téléphone… Le temps est une question de priorité donc.

Conclusion : Faire ses courses avec une exigence spécifique supplémentaire restreint les choix mais n'influence pas sur le temps ! Si vous voulez passer moins de temps en magasin, choisissez-en un plus petit !

6 commentaires:

  1. Il est bien sympathique ce tableau et toujours très utile d'avoir des exemples concrets mais des protéines animales (chair, laitage ou oeuf) tous les jours à tous les repas, ce n'est absolument pas durable pour l'environnement... et la déforestation des forêts primaires pour faire pousser du soja qui sert à nourrir le bétail... www.viande.info

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  2. Bonjour,

    Je suis en désaccords avec vous sur 3 points et dont, je pense, vous n'avez pas pris en compte pour différentes raisons :
    - la présence des-dits aliments ne sont pas là à tous les repas
    - la tranche de vie ici est particulièrement carnée, elle n'est pas forcément représentative de mon alimentation moyenne et ne se prétend pas "durable" ou autre.
    - le plus important est l’origine de ces produits. Contrairement à votre affirmation sans fondement, tous ces produits sont durables socialement car issu d'AMAP qui ont contribué pour certaine çà la sauvegarde d'un réseau agricole local. La déforestation dont vous parlez est effectivement vraie pour le soja importé. Ce bétail n'en voit pas la couleur : fourrage, culture locale. Le pâturage est par ailleurs bien plus durable et faisable dans certaines conditions météos (montagne etc.) que du maraichage par exemple.
    Donc je pense que ces protéines animales ne sont, soit pas parfaites pour différentes raisons, mais loin de la généralité bien sympathique dont vous faites part.

    ps. Un autre tableau explicatif que j'avais déjà fait ne contenait pas assez de viande pour certains, ceci avait été pour eux une source de critiques...

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  3. Tout à fait d'accord. On nous rabâche que l'Industrie alimentaire (oui c'est de l'industrie bien dégueulasse comme chacun sait) est la seule solution possible pour nourrir toute la population qui croît vertigineusement.

    Forcément ce qui est dit à la télé est parole d'évangile et personne ne peut croire qu'il soit encore possible d'avoir de vrais agriculteurs qui nourrissent correctement le peuple. Les AMAP montrent pourtant que c'est encore possible, les potagers en carrés montrent qu'on peut cultiver soi-même une bonne partie de notre alimentation avec très peu de surface et sans peine, et les initiatives en se sens ne manquent pas.

    Bien sûr, il est plus facile de regarder l'amour est dans le pré que d'aller planter quelques graines dans un carré d'1,20 mètre de terre. Il est plus facile d'aller chercher un plat cuisiné que d'éplucher quelques légumes. Et les industriels ont l'avantage de pouvoir vendre leur ersatz de viande, de lait et d'oeufs beaucoup moins cher qu'un vrai paysan.


    Partant de là, on est bien d'accord, il n'y a que l'industrie dégueulo-alimentaire pour nourrir la planète. Ça tombe bien, c'est ce qu'ils veulent.

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  4. Bonjour !
    J'ai une longue vie de mère de famille derrière moi, je fais ma cuisine (pour 2), je suis "semi-végétarienne", et je me fournis en biocoop pour le frais et en produits bruts surgelés pour certains légumes et le poisson que je consomme deux ou trois fois par semaine.
    Avec ce vécu, je me demande réellement comment VOUS réussissez à faire un REPAS en MOINS de 10 minutes… Ça me rappelle les fiches-cuisines de ELLE… :lol:
    Il doit y avoir un secret qu'à 63 ans je n'ai toujours pas réussi à percer… ;-)
    Cordialement

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    1. Bonjour,

      comme vous l'avez vu dans l'article je cuisine une fois plusieurs repas d'un coup ; qui au final ne représente plus beaucoup de temps pour chaque repas pris individuellement. C'est là le secret, en plus peut-être d'une certaine rapidité et efficacité ; car si je laissais faire ma compagne on multiplierait le temps par 3 !! Pour faire cet article j'ai chronométré mes temps, donc si vous ne voulez pas me croire, tant pis !

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    2. Je suis d'accord avec vous sur le temps de préparation des repas... Une matinée pour toute la semaine (je congèle). En revanche, je mets plus de temps pour les courses parce que je prends tout au marché (vendredi soir bio, samedi ou dimanche matin), en panier de légumes et aux halles... et qu'il est impossible de ne pas croiser du monde, de papoter etc., le temps strictement consacré aux courses est d'une petite heure. Je ne vais strictement jamais au supermarché, j'habite en ville, pour ce qui ne se trouve pas au marché, je le prends chez M...x, sur le chemin entre le bureau et chez moi (je n'ai pas de voiture, devenue inutile).

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Merci de commenter l’article ci-dessus, et donc, après l'avoir lu.