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vendredi 30 novembre 2012

Mangez de l'huile de palme qu'ils disent !

L’Association ivoirienne des producteurs de palmier à huile (AIPH) a saisi en juin 2012 le tribunal de commerce de Paris afin de faire condamner les Magasins U[1] [2]. L’AIPH dénonce une «campagne diffusée à des fins uniquement mercantiles, et sans conviction écologique aucune, ni analyse scientifique sérieuse ». Si la vague anti huile de palme est prise par Super U (avec ou sans réelle conviction je ne peux en juger), la plainte est aussi très certainement un joli coup de pub. Malheureusement ce genre de tirs croisés est improductif, on vole de caricature en caricature afin de simplifier les choses, au risque de ne pas donner au citoyen une idée générale de la problématique. Des problématiques.

Le fait qu’une telle association porte plainte m’étonne déjà du fait du volume d’huile de palme produit en Afrique par rapport au monde. Avec ce schéma vous comprendrez tout :


Très récemment une lettre ouverte a été publiée par l’IPPA (Initiative for Public Policy Analysis)[3] en soutien à la plainte déposée et à destination de plusieurs distributeurs. En voici de larges extraits avec en vert, mes commentaires.

« Depuis plusieurs années, vos sociétés ont mené une campagne diffamatoire, et condamnable contre les petits exploitants d’huile de palme en Afrique, Asie et Amérique latine [Faux, ces sociétés n’ont pas cherché à nuire à l’image des petits producteurs mais à mettre en avant l’impact de la culture massive d’huile de palme (clip vidéo lien) ; à savoir la déforestation et l’impact sur la biodiversité, … (lien)]. Vous avez fait chuter leur revenu, critiqué leur moyen de subsistance et injustement nui à la réputation du produit qu’ils cultivent [Faux, les cours de l’huile de palme varient parallèlement aux cours du pétrole (lien) et l’huile de palme voit sa production augmenter d’année en année (lien)]. On voit resurgir le spectre d’un comportement colonialiste, que l’on croyait révolu, dans votre campagne contre l’huile de palme [définition du colonialisme par La(jolie)rousse : Système qui préconise l'établissement et le développement de pays dépendants considérés comme sources de richesse et de puissance pour la nation colonisatrice. Pas de commentaire sur l’utilisation de ce mot] (…)
Premièrement, l’huile de palme est l’huile alimentaire la plus abordable et la plus largement commercialisée au monde. Elle représente actuellement 52 millions de tonnes sur un marché mondial d’huiles végétales de 130 millions de tonnes [Exact, les auteurs sont donc en contradiction avec les conséquences décrites plus haut qui insinuent une chute de la production à cause d’une chute de la demande. Le prix de reviens est notamment dû au coût de la main d’œuvre, souvent plus faible dans les pays du Sud]. Malgré leur remarquable importance dans l’approvisionnement mondial, les plantations de palmiers à huile ne couvrent qu'1 pour cent des surfaces cultivées mondiales et seulement 5 pour cent des terres consacrées aux oléagineux [calcul bancal, mais à savoir aussi si ce genre de comparaison a réellement un sens].
L’huile de palme produit, respectivement, 7,5 et 5,5 fois plus d’huile végétale par hectare que le tournesol et le colza. Il est incontestable que l’huile de palme est l’huile au meilleur rendement par surface cultivée sur le marché mondial [Peut-on cultiver le Colza à Rennggam et l’huile de palme à Coettwiller ? Comparaison, n’est pas raison].
Deuxièmement, la production d’huile de palme est également une importante source de développement économique. Elle assure des revenus et services sociaux à des millions de petits exploitants dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Récemment, la Banque mondiale a reconnu que le développement agricole, dont l’huile de palme, est 3 fois plus efficace pour réduire la pauvreté que le développement dans tout autre secteur [Dans le cas de plantations ‘industrielles’ l’emploi n’est pas au rendez-vous, ni en qualité, ni en quantité (lien 1, lien 2)].
Troisièmement, l’huile de palme contribue amplement à la sécurité alimentaire mondiale. C’est une huile 100 % naturelle qui fournit des calories et nutriments essentiels aux consommateurs partout dans le monde [comme d'autres, ce n'est pas un argument]. Le palmier n’est pas génétiquement modifié [Attention à ne pas stigmatiser les petits exploitants d’OGM] et, en raison de ses propriétés exceptionnelles, ne contient pas d’acides gras trans [il n’y a rien d’exceptionnel à cela (lien)]. L’huile de palme est également riche en nutriments. Elle affiche les taux les plus élevés en vitamines A et E parmi toutes les denrées agricoles. Ces avantages importants pour la santé sont une bonne nouvelle pour les consommateurs français d’huile de palme [Faux et honteusement mensonger : l’huile utilisée par les industriels est raffinée et ne contient plus que 50 % de sa vitamine E, a perdu toute sa vitamine B, et, suivant sa cuisson, subira des pertes supplémentaires (lien)]. C’est une encore meilleure nouvelle pour les populations pauvres d’Afrique et d’Asie, qui dépendent de l’huile de palme pour leur ration quotidienne indispensable de calories et vitamines [l’UE consomme plus d’huile de palme par habitant que certains pays producteurs. Si des citoyens d’un pays veulent limiter leur consommation d’un produit pour diverses raisons, ils ne l’interdisent pas à la consommation ailleurs].
En Côte d’Ivoire, l’agriculture représente environ 30 pour cent du produit intérieur brut (PIB). Plus de 68 pour cent de la population est active dans le secteur agricole. L’huile de palme, qui ne peut être cultivée que dans les pays tropicaux, représente une proportion importante de la production agricole nationale, en grande partie destinée à l’exportation vers les marchés européens [FAUX et mensonger, pour la Côte d’Ivoire : 22 000 tonnes exportées vers l’Europe en 2011 (66 000 en 2010) contre 216 000 tonnes vers l’Afrique de l’Ouest ; de plus « en 2010, la Côte d’Ivoire avait été obligée de recourir à des importations record de 74 000 tonnes afin de satisfaire la demande domestique et à l’exportation » (lien)].
Au Ghana, le gouvernement français a pris les devants en encourageant le développement des plantations de palmiers à huile pour aider les communautés locales dans leur lutte contre la pauvreté. L’Agence Française de Développement (AFD) a annoncé récemment qu’elle appuyait la plantation de 3 000 hectares de palmiers à huile au profit de 750 petits exploitants ghanéens [excellente initiative si elle contribue au développement de la région et de ces familles. A noter que bon nombre de commentateurs confondent les actions des distributeurs et celles des Etats ou d’autres agences (lien)]. Les campagnes irresponsables contre l’huile de palme menées par les supermarchés français vont avoir des conséquences négatives pour 750 petits exploitants [quel est le lien avec ces exploitants, quelles sont les sources permettant de justifier cette affirmation ?].
(…) Le Nigeria est en voie de devenir un centre de production d’huile végétale en Afrique, ce qui contribue fortement à la sécurité alimentaire et à rehausser les niveaux de vie dans cette partie du monde [Si la demande en huile de palme est moins forte en Europe, ceci n’est-il pas au final bénéfique pour la sécuritaire alimentaire des pays du Sud?]
(…) Un pionnier malaisien de l’innovation dans le secteur de l’huile de palme, Sime Darby, est en train d’établir des petites plantations (SIC) au Liberia et a créé un fonds pour financer l’éducation des enfants des exploitants [quelques informations supplémentaire sur cette action de mécénat (lien 1 lien 2)]. On constate la construction de centres médicaux et d’infrastructures reliant les communautés rurales aux marchés d’exportation [le prix pour se faire acheter ? Pour combien de temps ?].(…) Les participants à la récente conférence annuelle de la CGI ont applaudi le témoignage direct d’une petite exploitante libérienne, Kabeh Sumbo, qui prospère grâce à la culture de l’huile de palme [c’est certainement une excellente chose] (…)»

Voilà ce que je pense :

Bon nombre d’argumentaires ne sont pas sourcés, on a affaire à de la gesticulation tous azimuts et contre productive. La justification de la production d’huile de palme est fondée sur la nécessité d’alimenter les pays du Sud, mais s’offusque d’une limitation de la demande de certains pays du Nord. C’est très contradictoire.
Que des entreprises surfent sur la mode sans huile de palme est très certainement vrai, on passe d’un problème de surproduction et surconsommation à celui d’un boycott. Vendre des produits avec comme seul argument le ‘sans huile de palme’ n’a pas de sens. Peut-être celui de secouer les gouvernements respectifs afin de favoriser des échanges durables dans un monde apaisé. La faiblesse des autorités est souvent mise en avant dans les conflits de terre. Je regrette qu’au lieu de développer directement des partenariats avec des coopératives dans les pays producteurs, des acteurs tablent sur le « non + pub » ou une certification « durable ». Au lieu d’afficher en gros des logos « sans huile de palme » ne serait-il pas plus productif d’informer plus précisément et clairement le consommateur ? 

D’un autre côté le travail de sape des représentants de la culture de palmier à huile tablent sur la peur « d‘affamer des petits ». Histoire de donner mauvaise conscience. La vraie question est à chaque fois la suivante : sur mes 12 g d’huile de palme dans ce paquet de gâteaux, combien va réellement dans la poche d’un petit paysan ? Ou encore, quelles sont les conséquences sur notre planète et les Hommes de mon achat ?

Au lieu de pousser des cris d’orfraie, ne serait-ce pas aux agriculteurs et à leurs représentants et coopératives de valoriser leur production en comprenant d’abord les attentes de pays acheteurs le cas échéant? La création du pseudo label RSPO n’est-il pas un aveu des problèmes existants? Au final l’huile de palme est synonyme de bouffe industrielle sous nos latitudes, chose qui n’est peut-être pas perçue comme cela ailleurs. Pourquoi ne pas créer une certification regroupant de strictes contraintes en termes d’écologie et d’équité ? Créer des filières en partant du producteur ? Tabler sur des partenariats stables et transparents ? Bref, cesser le lobbying inutile mais faire constructif et ne pas s'offusquer du libéralisme quand on le prône; c'est la loi du marché : si des consommateurs ont une attente, c'est à celui qui vend d'y répondre ! Et surtout arrêter de nous vendre des produits en "oubliant" certains ingrédients...
 

[1] http://www.lefigaro.fr/societes/2012/07/19/20005-20120719ARTFIG00343-huile-de-palme-colere-des-producteurs-contre-systeme-u.php
[2] http://www.rfi.fr/emission/20121023-cote-ivoire-proces-producteurs-huile-palme-contre-enseigne-supermarche-francaise-s
[3] http://www.ippanigeria.org/IPPA_Open_Letter_to_French_Retailers_10.25.12.pdf

11 commentaires:

  1. La population mondiale augmente de 220.000 individus chaque jour, soit 80 millions de personnes chaque année ! En 2050, le nombre d’individus à nourrir sera de 9,3 milliards ! Si les tendances en matière de consommation de matières grasses se poursuivent, ce sont au moins 25 kg d’huile par personne et par an qui seront consommées. Pour satisfaire une telle demande, on estime qu’il faudra produire 150 millions de tonnes d’huile végétale supplémentaires, soit près de 4 millions de tonnes en plus chaque année (Bek-Nielsen, 2012) ! Pour atteindre ces niveaux de production, il faudrait :

    => 333 millions d’ha supplémentaires de soja à 0,45 Mt/ha (avec risque de déforestation important en Amazonie)

    ou => 190 millions d’hectares supplémentaires de colza à 0,8 Mt/ha

    ou => 37 millions d’hectares de palmier à huile à 4 Mt/ha (soit la surface actuellement utilisée)

    QUE CHOISISSEZ-VOUS ?

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    1. DE LIRE LE BLOG avant de d'écrire des bêtises :
      http://vivresanshuiledepalme.blogspot.fr/2012/01/les-services-de-la-foret.html

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  2. Le palmier à huile n'a pas besoin d'être planté, semé, moissonné chaque année, comme le tournesol, le colza et le soja. C'est un arbre qui produit pendant vingt-cinq ans, de façon régulière.

    Sa culture nécessite donc beaucoup moins de carburant, d'engrais et de pesticides (ce que les agronomes appellent les « intrants ») que les autres oléagineux.

    Au bout du compte, le palmier à huile nécessite trois fois moins d'intrants par unité d'huile produite que les autres oléagineux. (4)

    Réduire la production d'huile de palme risque donc de provoquer un report sur les autres types d'huile, qui entraînera une explosion de la consommation de carburant, d'engrais, et de pesticides dans l'agriculture.

    Est-ce vraiment ce que nous voulons ???

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    1. Le palmier à huile n'est pas un arbre.

      Ce dernier est rarement replanté après 25 ans.

      Merci de d'enlever les petits chiffres quand vous faites des copiers/collés et de penser pas vous-même

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  3. La différence entre l'huile de palme et les autres huiles est qu'elle est solide à température ambiante, comme le beurre. Cela tient à sa richesse en acides gras saturés, qui est de 50 % (60 % pour le beurre). Son moelleux, sa saveur, sa maniabilité, sa texture font qu'elle ne peut pas être remplacée systématiquement par des huiles liquides (dans le chocolat, les biscuits, la confiserie, les pâtisseries notamment). Face à un boycott de l'huile de palme, les fabricants de produits alimentaires qui utilisent aujourd'hui l'huile de palme n'auront que deux possibilités :

    Remplacer l'huile de palme par du beurre, ce qui augmentera la demande de beurre et donc les besoins d'élevage bovin. Or, l'élevage est encore bien plus nocif pour l'environnement que la culture de palmier à huile. L'élevage est déjà, de loin, la principale cause de déforestation dans les pays tropicaux. Pas moins de 3 460 millions d’hectares sont utilisés régulièrement comme pâturages, soit le double des surfaces agricoles cultivées.

    Ou alors : solidifier artificiellement les huiles liquides, par le processus dit d'hydrogénation, qui entraîne la formation d'acides gras trans artificiels, facteurs de maladies cardiaques et de cancers, ce qui est de toutes façons interdit (à juste titre) dans l'Union Européenne.

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    1. Vous oubliez ou ne connaissez pas les autres solutions :
      http://vivresanshuiledepalme.blogspot.com/2013/01/par-quoi-remplacer-lhuile-de-palme.html

      "Or, l'élevage est encore bien plus nocif pour l'environnement que la culture de palmier à huile" tout dépend votre mode d'élevage.

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    2. nous parlons d'un mode d'élevage qui permet de repondre à une demande mondiale !
      les procedés qui permettent le rendement sont donc obligatoirement d'ordre industriels non ?

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  4. Bonjour, crotiquer l'huile de palme c'est bien mais avez-vous pris tous les éléments en compte??? Ainsi :
    Avez-vous réalisé que le palmier à huile produit beaucoup plus d'huile, à surface de culture équivalente, que les autres oléagineux et, si oui, ne craint-il pas que sa campagne contre l'huile de palme provoque un report sur les autres huiles, avec augmentation des surfaces cultivées, et donc potentiellement accélération du défrichage et de la déforestation ?

    Etes-vous conscient que la culture du palmier à huile nécessite trois fois moins d'intrants (carburant, engrais, pesticides) que les autres oléagineux, et, si oui, ne craint-il pas que sa campagne provoque une hausse de la pollution ?

    Réalisez-vous que l'huile de palme, suite à sa campagne, est dans bien des cas en train d'être remplacée par le beurre, qui est un produit animal, avec un impact sur l'environnement bien pire ?

    Du haut de votre bonne conscience écologique, êtes vous au courant que nuire aux producteurs d'huile de palme pourrait aggraver la pauvreté en Malaisie et en Indonésie, et donc les inciter à aller chercher les moyens de leur survie dans les forêts pluviales (bois de chauffage, cultures vivrières sur brûlis, braconnage, etc. ) ?

    Confirmez-vous que, comme toutes les huiles, l'huile de palme est mauvaise pour la santé lorsqu'elle est hydrogénée, mais qu'elle n'est pas pire qu'une autre dans le cadre d'une consommation normale, et même meilleure en ce qui concerne les fritures ? Et que donc la dénoncer comme malsaine en soi n'est pas tout-à-fait juste ?

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    1. Un copier coller acheté, un copier coller offert : http://www.facebook.com/notes/vivre-sans-huile-de-palme/doutes-sur-sant%C3%A9-nature-innovation/377279619026717

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    2. et etes vous au courant des centaines de tonnes de carburant nécessaire au transport pour faire venir cette merde ( désolé mais faut que ca sorte) depuis l'autre bout du monde???

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  5. L'huile de palme se fixe sur les artères et n'en ressort plus, même si vous faites de l'exercice. Elle encrasse votre système cardio-vasculaire de façon irreversible, d'où le risque d'AVC entre autres.

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