L'obésité, c'est quoi ?
L’obésité est une augmentation du volume des cellules du corps contenant la
graisse et du nombre de ces cellules. L’obésité est notamment détectée grâce à l’indice de masse corporelle (IMC) qui est calculé en divisant le poids (P en kg) par le carré de la taille (m en mètres) : IMC = P/m². Le surpoids est défini quand l'IMC est entre 30 et 35, l'obésité commence à partir de 35. Ces valeurs références peuvent varier suivant les personnes (sportif, homme, femme, etc.). L'obésité est associée à un risque plus important de diabète et de maladies cardiovasculaires entrainant 2,8 millions de décès prématurés dans le monde chaque année. [1]
L'obésité progresse-t-elle ?
Dans le monde, 900 millions d'adultes sont en surpoids et 500 millions sont obèses, et le nombre de personnes en surpoids et obèses augmente depuis près de 40 ans [1]. En France la proportion d'obèse stagne à 15 % depuis 2012 alors qu'en 1980 6 % de la population était concernée [2].
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| Évolution du pourcentage d'enfants en surpoids dans différents pays du monde [3]. |
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Répartition du pourcentage de personnes obèses en France depuis 1981 [Insee].
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Quelles sont les causes de la récente épidémie d'obésité ?
Les causes principales de l'obésité sont liées à des modifications de l’alimentation et à la baisse de l’activité physique. Le manque de sommeil, certains médicaments ou le stress sont aussi des paramètres pouvant jouer un rôle prépondérant. Dans l'alimentation, les excès de sucre et de graisse provoquent principalement l'obésité [4]. Mais plutôt que la surconsommation de calories, le type de calories consommées semble important. Même si c'est encore discuté, une consommation riche en graisse semblerait plus délétère qu'une consommation riche en carbohydrates (sucres) [5].
Quels liens entre obésité et huile de palme ?
L'huile de palme en tant que graisse est un facteur d'obésité intrinsèque tout comme les autres matières grasses, et d'autant plus qu'elle s'inscrit dans une alimentation occidentale excessive en calories. Mais l'huile de palme a-t-elle le même effet que les autres matières grasses ? Les groupes de pression liés à l'huile de palme hurlent que oui : "il n'y a pas de mauvaise ou de bonne graisse" entend-on souvent afin de se cacher derrière son petit doigt. Mais il semblerait que que cette affirmation soit fausse et que des effets bien distincts soient visibles suivant le type de matières grasses, et que certaines soient effectivement plus mauvaises que d'autres [6].
Une étude suédoise, menée dans la charmante ville d'Uppsala, a montré que des apports en huile de tournesol ou en huile de palme ont des effets bien différents. Les expérimentateurs ont fait prendre volontairement du poids à des sujets sains et actifs par la consommation de muffins à l'huile de palme ou à l'huile de tournesol pendant 7 semaines. Les sujet ayant pris du poids avec les muffins à l'huile de palme (acides gras saturés) ont gagné principalement de la graisse autour du foie et des viscères alors que ceux ayant reçu les muffins à l'huile de tournesol (acides gras insaturés) ont gagné principalement de la masse de tissus maigres. Ces évolutions sont corrélées aux taux d'acide palmitique et d'acide linoléique dans le sang des sujets des 2 groupes.
La prise de masse graisseuse dans les visières et dans le foie est un pas vers l'obésité, et donc délétère pour la santé.

D'après cette étude, l'huile de palme a donc un effet délétère plus important que l'huile de tournesol quand elle est associé à un surplus de calories. A cela se rajoutent des études antérieures [7] montrant que les souris alimentées en huile de palme présentaient une hyperinsulinémie. Ainsi l'huile de palme, plus que d'autres huiles testées parallèlement, favorise la production excessive d'insuline, un facteur conduisant à l'insulino-resistance (les cellules ne sont plus sensibles à l'insuline), puis à l'obésité et au diabète de type 2 [8][9].
Et pourtant on peut lire d'autres choses...
Il
est intéressant de voir que, parallèlement, l'industrie liée à l'huile
de palme tente par tous les moyens de montrer les effets bénéfiques pour
la santé de l'huile de palme (notamment via les vitamines qu'elle contient) [10] [lien interne]. Ceci aussi bien par des
études que par l'occupation de l'espace médiatique. Si des recherches
prometteuse sont mises en avant, "on" oublie très souvent de dire
qu'elles sont faites en utilisant des extraits enrichis, et tellement
enrichis que notre consommation d'huile de palme (qui-plus-est raffinée)
devrait être d'environ 500 g par jour pour arriver aux doses administrées
[11]! L'équivalent de d'au moins 2 plaquettes de beurre...
Conclusionnage
Dans le cas de l'étude menée à Uppsala et présentée ici , on se situe dans des conditions réalistes, proches de celles rencontrées au quotidien. Les indices qui laissent penser que l'huile de palme n'est pas d'une qualité nutritionnelle comparable à celle d'autres huiles s'accumulent.
Quelques références et notes
[1] Dossier de l'INSERM http://www.inserm.fr/thematiques/circulation-metabolisme-nutrition/dossiers-d-information/obesite
[2] Dossier de l'OMS http://www.who.int/features/factfiles/obesity/facts/fr/index1.html
[3] Obesity in statistics http://news.bbc.co.uk/2/hi/health/7151813.stm
[4] Ludwig, D. S., Peterson,
K. E., & Gortmaker, S. L. (2001). Relation between consumption of
sugar-sweetened drinks and childhood obesity: a prospective,
observational analysis. The Lancet, 357(9255), 505-508.
Macdiarmid, J. I., Vail,
A., Cade, J. E., & Blundell, J. E. (1998). The sugar-fat
relationship revisited: differences in consumption between men and women
of varying BMI. International journal of obesity and related
metabolic disorders: journal of the International Association for the
Study of Obesity, 22(11), 1053-1061.
Bray, G. A., & Popkin, B. M. (1998). Dietary fat intake does affect obesity!. The American journal of clinical nutrition, 68(6), 1157-1173.
Bowman, S. A., Gortmaker,
S. L., Ebbeling, C. B., Pereira, M. A., & Ludwig, D. S. (2004).
Effects of fast-food consumption on energy intake and diet quality among
children in a national household survey. Pediatrics, 113(1), 112-118.
[5] Bolton-Smith, C., & Woodward, M. (1994). Dietary composition and fat to sugar ratios in relation to obesity. International
journal of obesity and related metabolic disorders: journal of the
International Association for the Study of Obesity, 18(12), 820-828.
[6] Rosqvist, F., Iggman, D.,
Kullberg, J., Cedernaes, J. J., Johansson, H. E., Larsson, A., ...
& Risérus, U. (2014). Overfeeding Polyunsaturated and Saturated Fat
Causes Distinct Effects on Liver and Visceral Fat Accumulation in
Humans. Diabetes, DB_131622. Cette conclusion m'a été confirmée par le premier auteur de la publication en mars 2014 en V.O. "Our
principal conclusion is that saturated fat promotes accumulation of
liver fat, total body fat and visceral fat (inside the abdomen) whereas
polyunsaturated
fat prevents this and instead promotes the accumulation of lean tissue
(muscle mass) during weight gain. Despite that both groups gained
similar weight."
http://www.slate.fr/lien/56635/huile-de-palme-contre-cancer
Guthrie, N., Gapor, A., Chambers, A. F., & Carroll, K. K. (1997). Inhibition of proliferation of estrogen receptor–negative MDA-MB-435 and–positive MCF-7 human breast cancer cells by palm oil tocotrienols and tamoxifen, alone and in combination. The Journal of nutrition, 127(3), 544S-548S.
http://fr.palmoilhealth.org/presse/is-malaysian-palm-fruit-oil-a-secret-weapon-against-cancer/
[11] https://stroke.ahajournals.org/content/45/5/1422.abstract (deux fois 200mg/jour de tocotrienol ; soit 400mg/jour). L'huile de palme brute contient entre 400 et 800 mg/kg de tocotriénols (Sundram, K., Sambanthamurthi, R., & Tan, Y. A. (2003). Palm fruit chemistry and nutrition. Asia Pacific journal of clinical nutrition, 12(3), 355-362.)
[7] Ikemoto, S., Takahashi,
M., Tsunoda, N., Maruyama, K., Itakura, H., & Ezaki, O. (1996).
High-fat diet-induced hyperglycemia and obesity in mice: differential
effects of dietary oils. Metabolism, 45(12), 1539-1546.
Reaven, G. M. (1992). The role of insulin resistance and hyperinsulinemia in coronary heart disease. Metabolism, 41(5), 16-19.
[8] http://www.inserm.fr/espace-journalistes/obesite-et-sensibilite-a-l-insuline-la-piste-de-la-lipolyse
[9] Carey, D. G., Jenkins, A.
B., Campbell, L. V., Freund, J., & Chisholm, D. J. (1996).
Abdominal fat and insulin resistance in normal and overweight women:
direct measurements reveal a strong relationship in subjects at both low
and high risk of NIDDM. Diabetes, 45(5), 633-638.
[10] http://www.tocotrienol.org/news/56-news/239-proven-vitamin-e-in-palm-oil-can-stop-death-of-brain-cells.htmlhttp://www.slate.fr/lien/56635/huile-de-palme-contre-cancer
Guthrie, N., Gapor, A., Chambers, A. F., & Carroll, K. K. (1997). Inhibition of proliferation of estrogen receptor–negative MDA-MB-435 and–positive MCF-7 human breast cancer cells by palm oil tocotrienols and tamoxifen, alone and in combination. The Journal of nutrition, 127(3), 544S-548S.
http://fr.palmoilhealth.org/presse/is-malaysian-palm-fruit-oil-a-secret-weapon-against-cancer/
[11] https://stroke.ahajournals.org/content/45/5/1422.abstract (deux fois 200mg/jour de tocotrienol ; soit 400mg/jour). L'huile de palme brute contient entre 400 et 800 mg/kg de tocotriénols (Sundram, K., Sambanthamurthi, R., & Tan, Y. A. (2003). Palm fruit chemistry and nutrition. Asia Pacific journal of clinical nutrition, 12(3), 355-362.)


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RépondreSupprimerun très bel exemple de désinformation, merci ! Il n'existe à ce jour AUCUNE étude scientifique prouvant l'augmentation des risques cardio-vasculaires avec l'augmentation de la consommation d'acides gras saturés. Par ailleurs, étant donné que la vérification des informations ne fait pas partie de vos priorités, sachez que la Suède (ou se trouve l'université d'Uppsala) est l'un des plus fervents lobbysites pour les huiles de colza et de tournesol ! Vous oubliez une fois plus les 3 messages essentiels, à savoir 1) c'est la surconsommation de graisses qui est mauvaise, quelle que soit la graisse ou l'huile végétale en question, 2) la consommation moyenne d'huile de palme dans les pays occidentaux est bien en deça des taux recommandés par l'OMC, il n'y a donc pas surconsommation 3) les graisses quellles qu'elles soient ont un effet positif pour le corps car permettent l'assimilation des vitamines
RépondreSupprimerChèr(e?) anonyme.
Supprimera lire votre commentaire il est facile d'en déduire que vous n'avez pas lu l'article que vous commentez. Celui-explique bien les conditions de l'étude qui au passage ne parle pas des ACV. Vous y aurez aussi vu la phrase "Les expérimentateurs ont fait prendre volontairement du poids (...)".
Inutile donc de reprendre vos trois points qui ressemblent à des tirs en touche plutôt risibles.
Mais peut-être qu'avant de crier à la théorie du complot, car ces pauvres chercheurs sont suédois, il serait déjà bon de lire leur étude avant d'insulter littéralement leur intégrité. Que vous défendiez l'huile de palme pour vos raisons propres c'est votre droit, mais merci de respecter le travail des différents chercheurs.
Vous pourrez aussi lire cet article http://vivresanshuiledepalme.blogspot.com/2012/07/lhuile-de-palme-et-la-sante.html
Faire le lien entre obésité et huile de palme constitue ce qui se fait de mieux en termes de malhonneteté intellectuelle. Depuis 30 ans la taille des sous-vetements n'a cessé de se réduire, les fabricants sont passés de la culotte en coton au string en dentelle. Sur cette même période, le nombre de cancers de la peau n'a cessé d'augmenter. N'y aurait-il pas un lien entre la réduction de la taille des sous vetements et le nombre croissant de cancers de la peau ? Autre raisonnement par l'absurde...
RépondreSupprimerC'est un complot des reptiliens Anonymous en slip certainement
SupprimerSans crier au scandale comme Monsieur et Madame Nymous, Anon de leur prénoms, les résultats de l'étude me laissent toutefois sur ma faim (et pourtant j'ai mangé un clown). Constater que quelqu'un qui augmente sa consommation de gras de tournesol augmente ses tissus maigres, ça me laisse pantoise. Je vais lire l'étude pour voir si il n'y aurait pas d'autres facteurs en cause, comme le sport, toussa.
RépondreSupprimerL'activité sportive a été prise en compte justement et c'est intéressant car cette étude est aussi faite sur des jeune gens en bonne santé. Bien entendu il n'y a pas eu que de la masse de tissus maigre de prise comme je l'ai dis : ils "ont gagné principalement "(...).
SupprimerVous oubliez que les muffins sont sucrés et hautement glucidiques, ce qui biaise toute l'étude puisque c'est justement l'association des glucides (et en particulier 'simples') avec les lipides qui provoque le stockage des graisses. Renseignez-vous un minimum. Par ailleurs, les graisses saturés de l'huile de palme sont bien plus intéressantes que les graisses poly-insaturés constituées principalement d'Omega-6 de l'huile de tournesol.
RépondreSupprimerJe crains que vous n'ayez pas lu l'étude en question, qui parle des apports en graisses et glucides (Table 3) identiques pour les deux régimes testés.
SupprimerL'étude démontre qu'un apport en acides gras saturés (palmitique) est plus problématique qu'un apport en acides gras insaturés concernant la l'obésité. C'est tout.
Merci pour votre prochain commentaire d'avoir le courage de lire l'étude que vous critiquez, d'apporter des sources (autres que déjà citées sur le blog), et enfin d'adopter une certaine rigueur d'esprit. Cordialement.
Concernant l'apport "intéressant", intéressant de quoi on ne sait pas. Je ne vois pas une démarche très scientifique.